Mes Moires n°321-332
Série Mes Moires n°321-332, « Ordonnance... Faust»
130 x 207 cm / 51.2 x 81.5 in
Pastels, Acryliques et huile sur papier Arches
Photographies non contractuelles, cadre non fourni
Texte du tableau :
Ordonnance.
« Cher Marcel Croupi,
Comment allez-vous ?
Je n'ai jamais entendu un mot de cette rumeur qui vous concernerait, et je n'en ai rigoureusement rien à battre. Je me contrefous de toute calomnie ou ragot, sachant que le "rapport", ce que le judaïsme nomme la "mauvaise langue", est le véhicule préféré du mensonge. Mon cher enfant, vous sauriez tout cela par cœur si vous aviez pris la peine de lire Proust, sans vous laisser aveugler par les poncifs sur sa lenteur, etc.
Je suis dans le Sud pour un mois, on se recontactera à mon retour. En attendant, quatre grosses pilules de la Recherche (les quatre tomes), pour vous rendre infaillible et perspicace, et vous verrez comme la vie paraîtra plus avenante, et les calomniateurs plus dérisoires. Et Céline plus grandiose encore. Vale et gaude, missa est.
Cordialement vôtre. »
Suite et fin de l'affaire Sexe de Céline.
« Cher Maître,
Comment allez-vous?
Apprenant que tout va mal, que ma petite métaphore théologique tourne à l'aigre dans les oreilles de vieux coléoptères sclérosés, antisémites et fascisants, que mille fans de Lucette laissent dégouliner leur altruisme acide sur sa pauvre tête, et que Marc-Édouard, littéralement malade de toute cette histoire, n'arrive plus à écrire une ligne, je consens à me justifier, par considération pour Lucette, amitié pour Nabe, ce que je ne m'étais jamais abaissé à faire jusqu'à ce jour.
Soyons clair. La phrase dans laquelle j'ai évoqué le "sexe", ou la "sexualité", de Céline (je ne me souviens même plus du mot employé, tant tout cela était alors dérisoire) était une pure figure de style. Une image, une métaphore, tout comme, un peu auparavant, j'avais dit à tous ces abrutis célinoïdes qu'un grand écrivain est quelqu'un qui porte son écriture dans son corps comme dans une amphore, qu'il emmène partout avec lui. Imaginez qu'on me blâme d'avoir voulu insinuer, avec mon image d'amphore, que Céline était une cruche! Vous ricaneriez, et vous auriez bien raison.
Or voilà, j'ai parlé du sexe de Céline comme je parlerais du sexe de Proust (c'est-à-dire de ce qui noue l'écriture et l'énergie libidinale, le style et la danse dirait Céline). Tel est d'ailleurs le titre de mon prochain livre, à paraître en septembre chez Gallimard: Le sexe de Proust. "Ni la vulgarité ni la sexualité n'ont rien à faire dans cette histoire - Ce ne sont que des accessoires." (Céline à Milton Hindus)
Est-ce assez clair ?
Je vous donne toute latitude pour diffuser cette lettre auprès de qui vous désirez, de qui grinche et fulmine, en répétant bien que je suis seul en cause, que ni Marc-Édouard Nabe, ni Lucette Destouches n'ont rien à voir avec un simple mot employé dans une série de loopings (c'est encore une image, je n'avais pas amené mon avion au colloque...) au-dessus des crânes lobotomisés de ces chers crabes.
Cordiale poignée de main. »
Nausée des snobs. Sortie du Sexe de Proust dans un concert d'indifférence. Quelques compliments privés, moue dégoûtée des proustiens officiels. Mélany assiste à un de leurs colloques, une femme rend compte de mon livre en dix secondes expliquant qu'elle l'a carrément jeté par terre de nausée après trois pages ! Toute la salle frémit solidairement. Mélany me raconte tout à la terrasse ensoleillée d'un café près de l'Odéon. Je fais fi des frelons, je suis de trop bonne humeur, un cigarillo, un verre de vin, le soleil parisien, De l'antisémitisme est achevé, et je sais que Proust, lui, aurait aimé mon livre. Ça me suffit.
Optimisme. « Mais non Stéphane, vous exagérez, il y aura toujours des lecteurs, rien ne remplacera jamais la richesse d'un livre. »
Le lendemain sa petite maison d'édition fait faillite, elle se retrouve la semaine suivante animant une émission littéraire sur une chaîne cablée.
Conférence. Son petit mot pour me remercier de lui avoir envoyé Le sexe de Proust. « Merci de ce beau livre violent, inspiré, diabolique. Proust n'est pas si seul, tout compte fait, avec vous et moi... » À la fin de son intervention je m'approche de l'estrade, je lui souris: « Je suis Stéphane Zagdanski. » Elle rougit soudain étrangement. « Ah oui, je me souviens de vous, vous m'avez envoyé votre livre... - Et vous m'avez répondu un mot très gentil, je vous remercie. » Elle détourne vite la tête, parle à quelqu'un d'autre. Je m'en vais.
Ronsard vidéo. Sa figure ronde de profil, une main sur la joue et l'oreille, Mélany se concentre sur l'écran de son Macintosh. Elle me lit une citation de Sterne, la commente. «Cette "situation" inédite dont il parle est celle de quelqu'un qui dans sa propre biographie ne vit pas encore. C'est la situation du narrateur dans Un amour de Swann. La conclusion c'est que pour écrire un livre contre la prédestination il faut commencer par le moment de la fécondation, et qu'en réalité il n'est pas nécessaire d'être né pour être baptisé... tu me suis Stèph? - Hmmm. - T'écoutes ou pas? - Hmmm. - Tu me filmes encore là? - Hmmm. »
Elle prend la caméra. Portrait de l'auteur pas rasé, cheveux longs, lunettes et vieux pull, se faisant griller des toasts dans la cuisine puis au salon se beurrant une tartine et la trempant dans son thé.
« Lance-toi un message à travers les années, Stèph. - Je suis à une période de ma vie où tout va bien (rire de joie de Mélany derrière la caméra). Mon livre sur l'antisémitisme va sortir dans deux mois, j'ai remis il y a peu de temps le manuscrit à l'éditeur qui est enthousiaste. Tout va bien sauf que c'est la dèche complète, il me reste trois cents francs pour finir le mois et nous ne sommes que le 13 janvier. À part ça nous nous amusons bien, Mélany et moi. Dans Paris nous faisons de longues promenades... On se rappellera ce temps-là, hein Mélany ? - Ouais. - Je ne fous pas grand chose ces temps-ci, je n'ai pas envie de travailler donc je ne travaille pas (Mélany rit), j'avance lentement-sûrement sur mon roman, je lis l'Essai sur les révolutions de Chateaubriand, voilà où j'en suis de ma vie. Je parle au Stéphane Zagdanski de dans 20 ans, qui aura donc 50 ans (rire ému de Mélany), qui sera un vieux poussah poussiéreux, et Mélany, elle, est en train de découvrir Marcel Proust... Un jour ça te fera rire Mélany... - Ouais. - Lorsque tu auras écrit quinze livres sur Proust, que tu seras la grande spécialiste de Proust... – Pfffff ! »
Je reprends la caméra, les rôles s'inversent. Mélany est retournée à son ordinateur. « Quel est le message que tu as à dire à la Mélany qui aura 43 ans dans 20 ans ? - Oh là là, 43 ans ! - Tu dois délivrer un message à chaque Mélany différente. Donc la Mélany de 43 ans, qu'est-ce que tu veux lui dire ? Parle-lui en face, comme si tu parlais à quelqu'un d'autre. - Ah, (pensive) c'est drôle. Je lui dirai que j'étais heureuse et que je m'en souvienne et que je continue de l'être. - Non (autoritaire), parle-lui au présent, dis-lui: "Bonjour Mélany de 43 ans..." - Donc je me dis... - Dis lui! - Mais je me dis... - Ce n'est pas toi, c'est une autre! - Mais elle se rappellera que c'était elle (petit rire ému)! - Ça fait drôle, hein, comme impression? - Oui, t'enregistres là ? Alors je me dis que j'étais heureuse... - Que je suis ! - Mais non ! - Tu n'es pas la Mélany de 43 ans, tu es la Mélany de 23 ans, tu mélanges tout ! (elle rit) C'est le présent et elle elle parlera au passé. - Mais elle se reconnaîtra, je me reconnaîtrai (rires). - Tu confonds tout ! C'est le présent actuellement. Tu es heureuse ou tu étais heureuse ? maintenant, là ? Attends je mets la date, le 13 janvier 1995, dans 5 ans c'est l'an 2000. - Alors je te dis... - À qui? - À la Mélany de 40 ans, que, euh, je lui pose une question (elle pose sa main sur son menton) et je lui demande si elle se reconnaît la même qu'elle était à l'âge que j'ai maintenant, 23 ans, de la même manière (rire)... tu me filmes ou pas? de la même manière que je me reconnais moi toujours la même... »
« Bon, maintenant tu vas donner un autre message à la Mélany de 83 ans... - Oooh (sourire songeur). - Imagine-toi à 83 ans, ta vie est derrière toi, tu as déjà des enfants, des petit-enfants, peut-être des arrière-petit-enfants, c'est peut-être la guerre, peut-être l'holocauste nucléaire... - Oooooh (main sur la joue), l'horreur! - Qu'est-ce que tu dis à la Mélany de 83 ans, qui va bientôt mourir, nécessairement... - Je dis: rien n'a changé, tu y avais déjà pensé à la mort, et c'est la même chose même si tu as 83 ans. - Ouais (sadique), mais elle souffre des articulations, elle va mal, on lui a coupé un bras, on lui a coupé une jambe, qu'est-ce que tu lui dis? - C'est comme de parler à une étrangère! - Mais non, ce sera toi. T'imagines comme elle va pleurer quand elle se regardera à 20 ans se lancer des messages... - Oooh, j'en pleure (elle se détourne d'émotion)... (rires) – Mélany ? Mélany ? Tu pleures d'imaginer que tu auras un jour 83 ans ? - Arrête Stèph (riant et pleurant à la fois), je pensais à autre chose... »
À un ami écrivain.
« Cher Gilles,
Merci pour ta lettre qui m'a réchauffé le cœur. Je la garde précieusement car je risque fort de ne pas en recevoir d'autre aussi aimable.
Je commence moi aussi à travailler sur Balaam et son ânesse, pour évoquer la cécité antisémite. Je viens de terminer un chapitre sur la Question juive de Marx, assez original je crois. Je finis par me lasser de toutes ces conneries (les antisémites, les juifs, patati...), mais je me suis promis d'épuiser l'abjection, comme Bloy dit l'"objection"; j'irai donc jusqu'au bout.
Travaille bien, et à bientôt. »
Charlatan. Cinquantenaire de la Libération, commémorations ineptes, immense croix de Lorraine aux flambeaux et tout le tralala spectaculaire. Bref, Nuremberg bis. Impression étrange d'être le seul dans ce pays à déceler quelle supercherie gigantesque constitue le gaullisme. Cette part de l'histoire de France a été si peu pensée en réalité que les philosophes les plus rebelles de réputation osent se réclamer de De Gaulle comme si la simple patine du passé suffisait à assurer la substance subversive de son message. En réalité De Gaulle est tout entier dans ses lectures de jeunesse - comme Mitterand qui partage le même mauvais goût littéraire -, soit Barrès et Maurras. Sa conception de la nation est essentiellement despotique (mensonge mobile, manipulation contrôlée de l'opinion sous les apparences d'une démocratie grognarde), son exploit essentiel consistant à avoir remaquillé le pétainisme régnant à son profit. Ignoble discours de Paris annihilant la victoire des alliés, oblitérant la collaboration de la police (comme plus tard la photo censurée du képi gardant un camp de concentration français) et son retournement de veste sur le fil annonçant la phrase antisémite furibonde et toute la politique pro-arabe de De Gaulle.
Dans ses Mémoires, son admiration mal dissimulée pour ce bouffon paranoïaque d'Hitler : « L'entreprise de Hitler fut surhumaine et inhumaine. Il la soutint sans répit. Jusqu'aux dernières heures d'agonie au fond du bunker berlinois, il demeura indiscuté, inflexible, impitoyable, comme il l'avait été dans les jours les plus éclatants. Pour la sombre grandeur de son combat et de sa mémoire, il avait choisi de ne jamais hésiter, transiger ou reculer. Le Titan qui s'efforce à soulever le monde ne saurait fléchir, ni s'adoucir. Mais, vaincu et écrasé peut-être redevient-il un homme, juste le temps d'une larme secrète, au moment où tout finit. » Grotesque grandiloquance (virus Malraux) parsemée de lieux communs romantico-fascistes (l'entreprise surhumaine, les jours éclatants, la sombre grandeur du combat, le Titan foudroyé, la larme à l'œil ). Tout ce passage risible des Mémoires aurait pu ligne à ligne être signé indifféremment par Goebbels ou Eva Braun. De même lorsqu'il écrit: « Un livre touffu commme la Forêt Noire et tout plein comme elle de songes mythologiques. » De Gaulle est en train de parler ici de Mein Kampf.
Dis-moi quelles minuscules métaphores moisies tu utilises, je te dirai ce que tu dissimules.
Ginettique. « Mon psychanalyste a lu ton dernier livre. Il me dit: "Madame Zagdanski, je vous plains." Je lui demande: "Pourquoi Docteur?" Il répond: "Parce que votre fils est un génie." »
À un universitaire.
«Cher Monsieur,
Je vous remercie de votre lettre et de votre beau texte.
Vous avez raison, nos sillages se croisent, vous dans la yole de Mallarmé, moi sur le yacht d'Albertine.
Et je ne vous tiens nul grief de votre "impatience". Il se trouve que j'ai renoncé depuis longtemps aux sages ralentis (entendez: explicitations universitaires) de ma pensée, réalisant que cela ne servait à rien vu la mauvaise foi généralisée des lecteurs. Mais votre haute intelligence de Proust a dû mettre les choses en scène d'elle-même, je suppose. Il est réconfortant de penser que mes ellipses se sont déployées dans le cerveau d'un autre qui a su faire de mon livre sa temporelle tasse de thé...
Pardonnez ces mauvais jeux de mots. Ce que vous m'annoncez de votre travail sur Mallarmé me semble passionnant. Serait-ce trop vous demander que de m'envoyer le texte (je n'ai pas bien compris si c'est dans votre livre déjà publié aux PUF ou dans le travail que vous préparez) sur la querelle entre Proust et Mallarmé sur l'obscurité. Je ne savais même pas qu'on avait des traces concrètes des passages de Proust aux miraculeux Mardis.
Merci d'avance.
Cordiale poignée de main. »
Tiens tiens. Esther, la mère de ma mère, dans la voiture. « Lesbienne, c'est une idée. C'est ce que j'aurais dû être, moi, ça m'aurait mieux réussi. »
Faust. Rencontre avec le grand philosophe dans un cocktail, on nous présente. « Je suis justement en train de lire votre Proust ! - Ça vous plaît ? – Beaucoup ! » Il me propose d'appeler sa secrétaire pour prendre rendez-vous.
La semaine suivante il arrive avec une demi-heure de retard dans le hall de sa maison d'édition en lançant un tonitruant « Pardon ! Pardon ! » derrière mon dos. Je le suis dans son petit bureau. « Georges-Marc dit que vous êtes un génie ! - C'est gentil de sa part mais il exagère. » Je lui rappelle que nous nous étions déjà rencontrés (l'épisode chez Simon Ostrich dans Les intérêts du temps), il n'en garde aucun souvenir.
Il passe vingt minutes à s'excuser littéralement de n'avoir pas publié mon Céline dont le manuscrit est passé sur son bureau. Difficile d'en croire mes oreilles, il finit par m'obliger à le convaincre que ce n'est pas si grave. « Le texte seul compte vous savez, qui l'édite est moins crucial... - Si si, c'est une grande erreur, je m'en veux beaucoup, j'ai mal fait mon boulot. En tout cas, désormais, si vous avez quelque texte que ce soit à publier, la porte de la Maison vous est grande ouverte, maintenant que j'ai mis un visage sur votre nom, je ne l'oublierai pas. - Je suis très touché, je vous remercie, mais pour être honnête je m'entends parfaitement avec Sollers. - Je comprends, vous avez raison, Sollers est très bien, mais on ne sait jamais, le jour où il y a embouteillage chez Gallimard, que vous teniez à faire paraître n'importe lequel de vos textes, y compris dans ma revue, je suis à votre disposition... » Nous sommes interrompus par un coup de téléphone, c'est Gaby Droidlomiki qui tente de le convaincre d'organiser un vol d'intellectuels au-dessus de Sarajevo. Il apprécie moyennement l'idée. « Ça fait un peu zozo ! » Tout en discutant de l'hypothétique coup médiatique il me regarde, hausse et baisse les sourcils en cadence. Je lui souris, je feuillette son dernier essai en attendant qu'il raccroche. Je lui dis que je le lis depuis que j'ai dix-sept ans. « Je suis un de vos vieux fans ! » Décèle-t-il le micron d'ironie dans ma voix ? Il me parle de ses succès et de ses ennemis, de la nécessité dans laquelle il est d'éviter le flop. « Ils n'attendent que cela ! » Il me répète à plusieurs reprises sa formule paranoïde. Je me retiens de lui demander qui sont ces ils ? « J'aimerais beaucoup me contenter d'un tirage confidentiel de 3000 exemplaires, mais je ne peux pas, ils n'attendent que cela ! » Je me retiens de lui faire remarquer que 3000 exemplaires, à l'échelle d'un microbe médiatique comme moi, c'est déjà faramineux. « Je suis assez tenté parfois de conclure un pacte avec un jeune auteur, d'échanger ma place, de rentrer dans la clandestinité. J'y pense souvent, si seulement ils n'attendaient pas que cela ! » Je rêve! Il me fait quasiment à découvert la proposition du Prince et du Pauvre, on permute, à toi projecteurs et soucis, à moi mer d'huile, ténèbres tranquilles, silence suave. Je souris intérieurement. Il tombe mal, je suis précisément le moins envieux des êtres humains. Je m'entends trop bien avec mon corps pour songer à changer de place. Traduction polie: « Je me garderais bien de signer une telle transaction : vous avez trop d'ennemis pour moi ! » Je rigole, lui pas du tout.
Il est un peu vexé, exactement comme une belle femme intelligente découvrant à quel point je suis peu manipulable narcissiquement (par exemple je dévoile rarement que je suis écrivain) et qui se détourne une fois que je l'ai longtemps fait parler d'elle, sentant qu'elle n'aura aucune prise sur moi. Cas typique: Isabelle. Elle se comporte comme une véritable petite bacchante à cette soirée où je l'ai amenée, nue dans la salle de bains avec un banal inconnu alors qu'elle a refusé de m'embrasser quelques minutes auparavant, finissant par m'avouer: « Tu me fais peur ! »
Il me dédicace son dernier essai, écrit mon nom avec un y, « En signe de proximité, - de sympathie; à bientôt. » Dans le couloir il pose sa main sur mon épaule en s'adressant à sa secrétaire: « Je vous présente Stéphane Zagdanski, je lui ai dit qu'il pouvait nous envoyer n'importe quel texte pour la revue... »
Cette invisibilité est mon délice.

