Mes Moires n°297
Série Mes Moires n°297, « À un ami écrivain qui se plaint d’avoir des critiques trop favorables.»
29,7 x 21 cm / 11.7 x 8.3 in
Fusain, pastels et craies sur papier
Photographies non contractuelles, cadre non fourni
Texte du tableau :
À un ami écrivain qui se plaint d'avoir des critiques trop favorables.
« Cher Gilles,
La preuve de l'incohérence des critiques littéraires, c'est précisément qu'ils ont aimé ton livre. S'ils disaient du mal de tous les bons livres et du bien de tous les mauvais, ce serait encore une boussole assez sûre, et signalerait en eux au moins un flair négatif infaillible de leur bêtise, mais justement, ils caressent au hasard les limaces et les tigres sans voir de différence (la preuve: on commence à dire du bien de Sollers partout).
Ton livre est parfait, nous le savons, c'est assez. Les critiques sont les concierges de nos tours d'ivoire. Il se trouve que ton concierge t'a à la bonne, ça ne signifie rien, c'est une lubie, ça ne l'empêche pas d'être une crapule qui espionne et dénonce, mais bon, toi, sans jamais évidemment être monté à ton étage, tout en haut de la tour, il t'aime bien. Laisse faire, c'est aussi inconséquent que de la haine. »

