RARE p. 82

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€510,00
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RARE p. 82

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€510,00

Série RARE page 82

65 x 50cm, Carton Airplac blanc   1,5mm, 4 feuilles A4 Velin G. Lalo  
4 Crayons de couleurs Koh I Noor Hardtmuth 3405 Magic Red, Fire, 
Tropical, Neon 

Photographies non contractuelles

Texte du tableau :

à transmettre à ma « recherchiste » à New York :

« 1/ Une chronologie précise, heure par heure si possible, du déroulement de l’affaire depuis le vendredi 13 mai. Il me faut les noms et les titres précis des intervenants, les adresses des lieux dans New York, les termes techniques exacts en anglais, avec si elle existe leur traduction en français, et sinon leur explication (par exemple ‘‘SVU’’, Special Victim Unit, etc.). La moindre anecdote qui a eu lieu en rapport avec l’affaire est importante et doit être replacée dans la chonologie (par exemple, lorsque DSK et son épouse sont restés coincés dehors à la porte de leur maison de TriBeCa car la clé ne parvenait pas à ouvrir la serrure…). Etc., etc. Il me faut aussi dans cette chronologie toutes les déclarations et contre-déclarations des uns et des autres.

2/ Une visite  des lieux importants, avec si possible des entretiens avec les habitués de ces lieux (policiers, juges, DA, greffiers, gardiens de prison, prisonniers qui ont pu le voir passer, fût-ce furtivement dans les couloirs etc.) : le commissariat de Harlem, la prison de Rikers Island, le tribunal  où la caution a été exigée, etc.

Une visite au Sofitel.

Une visite à TriBeCa, et si possible  des entretiens avec les voisins de DSK, commerçants, passants réguliers, etc.

Une visite dans le quartier guinéen du Bronx où vivait Nafissatou Diallo, et au restaurant Jallah Family Restaurant où elle était certainement connue (c’est à l’angle 166 St et 3rd Av)… Peut-être aussi dans cet autre restaurant apparemment guinéen le Fouta Djallon Restaurant, 1822 Fulton St,  Brooklyn, NY (à vérifier).

Une recontre avec une ou des féministes américaines qui ont accablé DSK très tôt.

Une rencontre avec un ou une représentante de la communauté noire américaine, qui prenne la défense de Nafissatou Diallo.

Une rencontre avec une des femmes de chambre qui ont crié ‘‘Shame on you !’’  lors de sa comparution…

Une rencontre avec un journaliste du NY  Post qui a accablé la femme de chambre dans ses articles…

Bref, essayer d’avoir l’échantillon le plus large possible d’avis autour de l’affaire, selon les intérêts et les professions de chacun.

Je suis prêt à rencontrer beaucoup de monde, tous ceux qui accepteront de me parler, même en croyant n’avoir rien de très important ou original à me dire…

3/ Retrouver les rabbins qui ont sonné à sa porte les premiers jours à TriBeCa au début pour tenter de lui parler, ainsi  que le livreur de ballons en forme de requin, etc. Le garçon, un jeune Noir, qui l’a aidé à tourner la clé dans la serrure.

Si des gens du FMI à Washington, parmi le petit personnel, accepte de parler de DSK, c’est très important aussi. Tous les personnages secondaires liés à l’affaire sont intéressants à rencontrer. Si on pouvait rencontrer un des gardes du corps ou employés  de la  société de sécurité chargée de le surveiller au début, ce serait parfait aussi.

Pour l’instant, c’est tout ce que je vois, et c’est déjà beaucoup. »

Cette liste était en grande partie un leurre destiné à convaincre le Canadien que son argent serait bien investi. Je n’avais nul besoin de rencontrer autant de monde, mon imagination crépitante me suffirait. Mais il fallait donner à Kaithleen un peu d’ouvrage, et l’opportunité de passer du temps avec moi. Au demeurant, rencontrer tous les personnages secondaires, capter leurs pensées, capturer leur noyau grandiose, radiographier leurs tragédies, monter leurs soucis et leurs rêves en épingle, leur conférer par la seule énergie de la métaphore un statut de cariatide romanesque… cela me tentait sérieusement.

Autant les personnages officiels ne sont d’aucun intérêt – le DA, les avocats… –, recouverts par leurs communicants d’une cotte de mailles de mensonges et de vantardises, autant les petits personnages n’ont rien à perdre, ouvrent sincèrement leur cœur à qui s’y attache, et vous laissent le presser comme un agrume pour en extraire, à leur insu, tout le jus littéraire. Ma curiosité n’était donc pas entièrement feinte. Il y avait probablement  beaucoup plus à apprendre d’un homme de ménage travaillant la nuit au FMI que de Christine Lagarde en personne si elle acceptait jamais de me rencontrer. Kaithleen ma recherchiste elle-même, que j’imaginais  déjà aussi avenante que son prénom, pouvait se métamorphoser sans le savoir  en personnage majeur de mon roman. Je faisais flèche de toute voix. J’avais aussi appris davantage concernant l’arrière-monde de De Gaulle en étudiant les bluettes moralisatrices de sa grand-mère Joséphine qu’en écoutant et regardant ses conférences de presse célébrissimes. J’étais donc vraiment curieux de savoir, par exemple, comment les deux rabbins new-yorkais envisageaient de pratiquer le tiqoun de l’hôte si peu cacher – pour ne pas dire le porc – du 153 Franklin Street. De même, rencontrer un gardien de Rikers Island m’aurait passionné.

Mais, pour être franc, on trouvait désormais à peu près tout sur internet. L’épisode de la serrure récalcitrante avait été filmé par les caméras du monde entier. YouTube était une immense encyclopédie des faits et gestes de tout un chacun. Il suffisait, pour tirer profit de l’immense cloaque cybernétique, de savoir lire entre les lignes et voir entre les images…

Peter m’avait aussi demandé de rédiger un synopsis du roman qu’il se chargerait de faire traduire en anglais à l’attention de ses nababs hollywoodiens. Depuis la signature du contrat je ne m’étais pas contenté de réunir des informations disponibles sur internet. J’avais déjà commencé la rédaction du roman. J’allais bientôt entreprendre la scène du viol et les multiples rouages de mon engin romanesque étaient à peu près tous  en place dans mon cerveau . Écrire un alléchant synopsis ne me demanda qu’une soirée.

« Ace Zed

DSK : l’affaire

synopsis

Le livre s’ouvre sur un homme gardé à vue après une dénonciation calomnieuse à la Special Victim Unit d’East Harlem. Cet homme,

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