{"product_id":"mes-moires-n-47-version-2","title":"Mes Moires n°47 version 2","description":"\u003ch4 class=\"MsoNormal\" align=\"center\"\u003e\u003cimg src=\"https:\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/1088\/7154\/9267\/files\/1787568462693.jpg?v=1787568600\" alt=\"\"\u003e\u003c\/h4\u003e\n\u003ch4 class=\"MsoNormal\" align=\"center\" style=\"text-align: left;\"\u003e\n\u003cem\u003eSérie Mes Moires n°47, « Mes petites amoureuses.»  \u003cbr\u003e\u003c\/em\u003e50 x 65 cm \/ 19.7 x 25.6 in \u003cbr\u003ePastels sur papier \u003cem\u003e \u003c\/em\u003e\u003cem\u003e\u003cbr\u003e  \u003c\/em\u003e\u003cem\u003e  \u003c\/em\u003e\n\u003c\/h4\u003e\n\u003ch4 class=\"MsoNormal\" align=\"center\" style=\"text-align: left;\"\u003ePhotographies non contractuelles, cadre non fourni\u003c\/h4\u003e\n\u003ch4 class=\"MsoNormal\" align=\"center\" style=\"text-align: left;\"\u003e\n\u003cspan\u003eTexte du tableau :\u003c\/span\u003e\u003cb\u003e\u003cspan style=\"font-size: 12.0pt; font-family: 'Times New Roman',serif; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;\"\u003e\u003cspan style=\"color: #4f81bd;\"\u003e\u003c\/span\u003e\u003c\/span\u003e\u003c\/b\u003e\u003cspan style=\"font-size: 12.0pt; font-family: 'Times New Roman',serif; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;\"\u003e\u003c\/span\u003e\u003cem\u003e\u003cspan style=\"font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: LinePrinter;\"\u003e\u003c\/span\u003e\u003c\/em\u003e\n\u003c\/h4\u003e\n\u003cp class=\"MsoNormal\" style=\"margin-right: -28.4pt; text-align: justify; text-indent: 1.0cm; line-height: 24.0pt; mso-line-height-rule: exactly; mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;\"\u003e\u003cem\u003e\u003cspan style=\"font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: LinePrinter;\"\u003eMes petites amoureuses\u003c\/span\u003e\u003cspan style=\"font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: LinePrinter;\"\u003e. Je passe le mois de juillet dans les Pyrénées, une colonie communiste conseillée à mes parents par une amie. On dort sous de grandes tentes collectives dans le parc du château. Parfois la nuit nous parvenons à nous faufiler jusqu'à la tente des filles en échappant à la surveillance du moniteur de garde installé sur son mirador avec un projecteur, résumé assez parlant du fascisme puritain.\u003c\/span\u003e\u003c\/em\u003e\u003c\/p\u003e\n\u003cp class=\"MsoNormal\" style=\"margin-right: -28.4pt; text-align: justify; text-indent: 1.0cm; line-height: 24.0pt; mso-line-height-rule: exactly; mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;\"\u003e\u003cspan style=\"text-indent: 1cm; font-size: 0.875rem;\"\u003e\u003cspan style=\"font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: LinePrinter;\"\u003e\u003cspan style=\"font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; font-family: 'Times New Roman',serif; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: LinePrinter; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: HE;\"\u003eJe suis allongé sous un arbre, je me laisse bercer par les pépiements, j'éco\u003c\/span\u003e\u003c\/span\u003e\u003c\/span\u003e\u003cspan style=\"text-indent: 1cm; font-size: 0.875rem;\"\u003e\u003cspan style=\"font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: LinePrinter;\"\u003e\u003cspan style=\"font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; font-family: 'Times New Roman',serif; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: LinePrinter; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: HE;\"\u003eute l'été se répandre. C'est l'heure de la sieste réglementaire. Je ralentis ma respiration dans l'espoir de contourner le sommeil. Je dois m'imaginer, les yeux clos, que les autres peuvent désirer se pencher sur mon visage à n'importe quel moment pour vérifier si je dors, me chatouiller de leur souffle frais d'enfants. Il faut être très loin sous l'envie de rire, sentir délicatement déposés sur l'herbe mes membres figés dans l'imitation diurne d'une posture inconnue. Comme si mes bras et mes jambes étaient de longues plumes oubliées, comme si d'immenses ailes étoffaient mon corps matelassé de légèreté. J'ai treize ans, je me préfigure ce que sera ma mort, peut-être ma résurrection. Je flotte doucement au-dessus de l'herbe, ou en dessous, je suis dans une infinie translation, j'ai le sens aigu de la vitesse de la lumière, ma masse s'étire jusqu'à l'autre bout du parc, je suis immense, je suis un prodige de déploiement. Je suis loin des autres déjà. Elles vont bientôt m'ennuyer à mourir ces vacances, je vais bientôt écrire à mes parents que je veux rentrer, tout m'indispose, leurs jeux, leurs ateliers, leurs soirées niaises, j'en ai assez, simplement assez. Pour l'instant je vacille sous mon arbre au milieu des fillettes, je suis en pleine mer, je fais la planche, je dérive au gré des courants. Toutes me pensent endormi, j'y ai mis assez de soin, vingt minutes à me laisser palper par l'immobilité. On ne s'occupe plus de moi, je me suis fait discrètement cadavérique, invité pétrifié de leurs confidences. Soudain, sous mon grand arbre, entre deux ombres, j'entrouvre les lèvres, j'esquisse un mouvement du pouce droit, j'imite un soubresaut, un rêve parasité, un cauchemar, je couine légèrement, le spectacle commence, je gémis une écume de murmure, je balbutie, je divague. « Nooooon » je chuchote tout doucement, je laisse sortir comme un ballon qui se dégonfle, « noooooooon » très bas et aigu, sans esquisser de geste, résorbé dans ma parole, mon sifflement, ce « non » sans queue ni tête telle une bulle jaillie par inadvertance à l'air libre d'un songe léger. Je le répète une deuxième fois, mon « non » réaspiré à peine filé, au cas probable où personne n'aurait entendu, je le retourne en point d'interrogation, mon deuxième « non », en hameçon lancé à la verticale, modulé en très mousseuse mélodie tahitienne, que ça leur semble venu de nulle part, que ça leur chatouille les oreilles aux fillettes qui gazouillent alentour. Elles ne se souciaient déjà plus de moi, je les prends au dépourvu avec ma spirale plaintive. J'entends bruire tout autour. Je reste impassible, je me concentre sur mon sommeil, ma respiration, les mouvements de mon thorax. Il faut étirer le suspense, que les deux ou trois assises qui ont entendu juste à gauche croient avoir rêvé. Il ne faut pas ameuter tout de suite la colo au complet, ça se peaufine un attroupement. Je ne m'énerve pas, j'ai tout mon temps. Je suis bien, là, sous mon arbre, la brise, les rires au loin, les conversations mêlées en un fond sonore translucide. Je laisse planer le doute, je continue de mimer l'engourdi, je ne reprends pas tout de suite la parole après mes deux « non », non non, les deux fillettes qui avaient crû croire, derrière leur dos, un glapissement étrange, si elles se sont retournées n'auront rien remarqué d'anormal, d'autres fillettes et un paresseux. Je leur donne le temps d'oublier, que le doute virevolte, qu'il batte la campagne. Dix minutes ont passé, je peux revenir en scène. Je desserre à peine les lèvres, je pousse une parcelle de gémissement, un infime écho d'écho. Je crie de très loin, du fin fond des limbes, « au secours! ». Ça affleure juste, ça émerge en nymphéa. « Au secours, laissez-moi! » je poursuis, toujours en lévitation résolue à fleur de pelouse. Pas un cil n'oscille sans que je donne mon accord. Je suis concentré comme un ascète, les apsaras peuvent gigoter sous mon nez, se trémousser, allez-y les filles! sortez-moi le grand jeu, danse du nombril et sauts de carpe, petits cris et entrechats, moi je suis tout à ma farce. J'ai treize étés, j'ai très été un drôle de numéro depuis ma plus tendre enfance, toujours adoré faire mon malin, comme là sous le saule rieur. Je suis parti dans l'amusement, je n'ai pas l'intention de bifurquer. Surtout que le soufflé commence à monter, mon souffle leur est passé sous les jupettes à mes petites amoureuses. J'entends que ça remue, une qui rit, j'écoute. « Il parle tout seul... » Je poursuis le monologue, j'interromps la curieuse dans sa surprise, je barbote dans mes bouts de phrase, « non, ne me faites pas mal, laissez-moi, je vous le rendrai, noooooooon... » Toujours sur le même ton doux et aigu en pleur d'enfant. J'entends des rigolades, ça s'approche, la nouvelle se transmet. « Il fait exprès » propose l'une. Je me tais, deux minutes, momifié en rescapé d'outre-sieste. Les avis sont partagés. Elles sont curieuses de m'entendre en tout cas, mes biquettes, mes poulettes, mes minettes, elles ont douze treize ans aussi. Je reprends mon larsen en bougeant cette fois, je sursaute du genou. « Ma jambe! » je souffle, « J'ai mal à la jambe!\u003c\/span\u003e\u003cspan style=\"font-size: 12.0pt; font-family: 'Times New Roman',serif; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: HE;\"\u003e \u003c\/span\u003e\u003cspan style=\"font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; font-family: 'Times New Roman',serif; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: LinePrinter; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: HE;\"\u003e», « Non! », « Je ne vous le rendrai jamais! ». Pas de suite logique, c'est pour la vraisemblance, je suis censé parler en rêvant, faut du décousu. J'invente au fur et à mesure, j'entends mes copines qui affluent de partout, la nouvelle se propage, un déluré qui délire en pleine sieste. « Qu'est-ce qu'il raconte? - On ne sait pas trop, il dit qu'il a mal à la jambe. - Faut peut-être le réveiller. - Mais non! - C'est dangereux, c'est comme les somnambules! - Mais non! - Mais si! » Elles hésitent sur la conduite à tenir autour de moi. Je continue mon tintouin, je lance une agonie de criaillement, « Ohououuhouuuouh... ». Elles rigolent.\u003c\/span\u003e\u003c\/span\u003e\u003c\/span\u003e\u003c\/p\u003e\n\u003cp class=\"MsoNormal\" style=\"margin-right: -28.4pt; text-align: justify; text-indent: 1.0cm; line-height: 24.0pt; mso-line-height-rule: exactly; mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;\"\u003e\u003cspan style=\"text-indent: 1cm; font-size: 0.875rem;\"\u003e\u003cimg src=\"https:\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/1088\/7154\/9267\/files\/1787568507784.jpg?v=1787568600\" alt=\"\"\u003e\u003c\/span\u003e\u003c\/p\u003e","brand":"Atelier Zagdanski","offers":[{"title":"Default Title","offer_id":54679862051155,"sku":null,"price":410.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/1088\/7154\/9267\/files\/1787568462693.jpg?v=1787568600","url":"https:\/\/atelier-zagdanski.myshopify.com\/products\/mes-moires-n-47-version-2","provider":"Atelier Zagdanski","version":"1.0","type":"link"}